Le film
Au XXIe siècle, en Europe Occidentale,
Paul Bedel fait figure de survivant.
Archéo-paysan, archétype d'une agriculture disparue.
Vieux ringard, "innocent", dit-il.
Innocent au sens de pauvre naïf qui n'a rien compris à la marche du progrès.
C'est vrai qu'au XXIe siècle, nous voici enfin sur Mars.
La modernité s'emballe mais comment se porte la vieille planète bleue ?
En écrivant que " l'homme de l'espace sera un milliard de fois moins lumineux et révélera un milliard de fois moins de choses cachées que l'homme granité de Lascaux",
René Char était-il ringard lui aussi ?
Nous étions paysans depuis le néolithique.
Nous sommes passés de l'âge de pierre à l'âge du fer.
Puis sont venues d'autres révolutions : la voile, la vapeur...
L'uranium, le silicium, les super et les supra-conducteurs...
Et aussi l'élevage industriel et la culture hors-sol,
sans terre.
Sans odeur et sans saveur.
Paul a vu passer le grand charivari.
Comme René Char, autre laboureur dont il n' a jamais entendu parler,
il a creusé son sillon,
convaincu de l'accord profond des forces naturelles
et des aspirations humaines.
Il y a vingt ans, il était dans la catégorie pittoresque.
Aujourd'hui, c'est un vieux sage.
Voici une chronique du temps que l'on dit perdu.
Pas pour tout le monde.