Sommaire 

 

Clés de voûtes
Expliquer l’architecture (par exemple, les églises romanes et gothiques) est un exercice difficile et pas toujours efficace. Il faudrait des travaux pratiques, et on ne peut tout de même pas construire une église ou un château en classe ! Et pourquoi pas ?
Avec un modèle réduit, facile à faire réaliser (en suivant les plans et les indications ci-après), on peut conduire une animation en classe, où les élèves se feront un plaisir de monter eux-mêmes des arcs d’églises médiévales. Joignons l’utile à l’agréable !
Au fur et à mesure des questions surgiront, auxquelles des éléments d’information et d’explication pourront être apportés (voir le document joint).


Comment réaliser les deux maquettes ? (adultes)
Les explications et les schémas techniques, à destination des adultes, pour réaliser les deux maquettes à manipuler en classe sont à télécharger ci-après et peuvent ensuite être lus avec le logiciel Adobe Acrobat.

La voûte romane :

- Processus de réalisation : pdf 7 ko, 2 pages

- Schémas techniques : pdf 76 ko, 6 pages

 

La voûte gothique :

- Processus de réalisation : pdf 7 ko, 2 pages

- Schémas techniques : pdf 105 ko, 5 pages

- Cotations : pdf 13 ko, 2 pages

 

Nomenclatures voûtes romane et gothique : pdf 7 ko, 1 page


Comment utiliser ces deux maquettes en classe ? (enfants)
Les schémas à destination des élèves (pour aider à la compréhension et à la manipulation) et les étapes de l'utilisation de la maquette en bois utilisée en classe sont à télécharger ci-après et peuvent être ensuite lus avec le logiciel Adobe Acrobat.

La voûte romane : pdf 35 ko, 2 pages

La voûte gothique : pdf 17 ko, 3 pages

 

Où et quand ces églises ont-elles été construites ?
Les églises romanes et gothiques ont été construites en Europe de l’Ouest entre le XIe et le XVe siècle, c’est-à-dire entre la période du roi Hugues Capet et la guerre de Cent Ans. Ces deux types d’architecture religieuse ont été inventés en France puis diffusés dans les pays voisins.
Né au Moyen-Orient, le christianisme s’était surtout développé dans les parties sud (latines) de l’ancien empire romain ; il gagne désormais du terrain en Europe du nord-ouest, plus particulièrement dans les campagnes (à ce moment-là les non-chrétiens sont souvent qualifiés de "païens", ce qui veut dire "paysans" en latin).
Après les grandes invasions des Ve et VIIIe siècles, venues d’Europe centrale ou nordique et du monde musulman, l’Europe occidentale connaît une période de paix et aussi de prospérité. La population augmente, défriche de nouvelles terres, améliore l’agriculture, l’extraction de la pierre et des autres minerais, le travail du fer et, d’une façon générale, perfectionne son savoir-faire dans toutes sortes d’activités. On reconstruit de nombreux villages et villes et on créé de nouvelles communes. L’habitat, l’alimentation et l’habillement s’améliorant, on construit également des châteaux, des églises, des monastères, des chapelles, des oratoires, autant de symboles du nouveau cadre politique et religieux dans lequel vivent désormais les Européens.
Lieux de prière, les églises sont aussi des "maisons communes", des sortes de "halles polyvalentes" dirions-nous aujourd’hui, où se rencontrent les communautés rurales ou celles des quartiers urbains, aussi bien pour des assemblées religieuses que pour régler leurs affaires courantes, pour se réfugier en cas de danger (dans le clocher le plus souvent), pour le plaisir de se retrouver ensemble, etc..


Le roman : de la charpente à la voûte
Dans les villes, les Romains utilisaient des basiliques, bâtiments publics de forme allongée couverts de tuiles, qui servaient de marchés, de salles de réunions publiques, de tribunaux, etc. Quand le christianisme est devenu religion officielle (vers le IVe siècle), elles ont aussi servi pour les offices religieux. C’est pourquoi les premières églises conservent le plan basilical, modifié ensuite par l’ajout d’une nef transversale donnant à l’édifice le plan d’une croix. Plus tard (à partir du VIIIe siècle) sera ajouté un clocher, qui sert d’abord de tour de guet et de donjon, avant d’être équipé de cloches qui sonnent l’angélus, les offices, ou alertent les populations en cas de menaces.

À partir de l’an mille environ, est inventée une nouvelle façon de couvrir les différentes parties de l’église : des voûtes de pierre à la place des charpentes de bois, d’abord dans les cryptes (chapelles souterraines, souvent refuges primitifs des cultes) puis tout en haut, pour couvrir l’église elle-même. Moyen de limiter les risques d’incendies, c’est certainement aussi un symbole de la voûte céleste : le dieu des chrétiens est plutôt perçu dans le ciel que dans la nature environnante comme dans les polythéismes de l’époque. L’agencement des pierres façonnées qui forment ces voûtes est aussi un signe visible de l’union des communautés chrétiennes dans leur paroisse.

La voûte est protectrice, mais elle pèse lourd et exerce de fortes poussées sur les côtés. Partant de leur expérience dans la construction de maisons et de fermes ou de châteaux, les bâtisseurs tâtonnent durant le XIe siècle pour trouver des solutions à ce problème de stabilité : après l’éboulement d’un certain nombre d’édifices voûtés, ils conçoivent des églises trapues, larges et guère plus élevées que les maisons rurales environnantes auxquelles elles ressemblent, avec des murs très épais et des ouvertures réduites ; et ils trouvent la solution avec les arcs d’arête qui soutiennent la voûte, et les contreforts qui épaulent les murs sur les côtés : désormais, au XIIe siècle, il est possible de construire des églises hautes, plus vastes et qui résistent au temps.


Sous les voûtes
Rançon de cette architecture robuste, règne le clair-obscur qui correspond aussi à la sensibilité du temps, celle d’une piété le plus souvent intériorisée même si elle s’exalte périodiquement dans des rituels dramatisés comme les "mystères", ou de façon échevelée pendant les farces ou fêtes des fous par exemple.

À la jonction des piliers et des arcs, des chapiteaux sculptés sont autant de figures destinées à l’édification des fidèles que des prières adressées à Dieu et à ses intercesseurs (anges, vierge Marie dont le culte se développe alors).

Ces églises romanes, bien closes et arrondies, favorisent une acoustique remarquable qui coïncide avec l’apogée du chant grégorien, "prière chantée", psalmodie libre au rythme uni et sans contrainte : "un plain-chant monte à gorges pleines" (Aragon).

Sous les voûtes et sur les vastes surfaces murales enduites de plâtre, s’épanouissent des fresques extrêmement colorées dont on ne trouve plus beaucoup traces aujourd’hui, ce qui nous fait souvent imaginer les églises romanes beaucoup plus "sobres" ou austères qu’elles ne l’étaient en réalité : indissociablement lieux de prière, de refuge, de retrouvailles, de fêtes.


Avec voûtes d'ogives et arcs-boutants : le gothique
En améliorant inlassablement les méthodes de construction, dans des chantiers qui durent souvent plusieurs décennies, des bâtisseurs d’églises romanes font deux découvertes essentielles au cours de la deuxième moitié du XIIe siècle : la croisée d’ogives (ou arcs brisés) qui reposent sur des piliers dont le nombre est multiplié, et les arcs-boutants qui s’appuient sur des contreforts écartés des murs principaux : du coup, le poids et les poussées des voûtes et des toitures s’exercent sur de fines armatures de pierre et non plus sur les murs qui peuvent être simultanément allégés et ouverts en larges baies garnies de vitraux colorés, par lesquels la lumière rayonne à l’intérieur des églises. L’invention de l’architecture gothique n’est pas subite, et pendant ce demi-siècle, on peut voir coexister dans les mêmes édifices des formes romanes classiques et des prémices du gothique.

Une fois cette conception nouvelle bien maîtrisée, on voit se dresser des églises de hauteurs et de volumes considérables : sortes d’églises à étages avec plusieurs nefs, chapelles latérales, tourelles, flèches qui se distinguent par leur élan vers le haut et les mouvements aériens des arcs de pierre ; on les voit d’autant mieux qu’elles dépassent de beaucoup les villes au cœur desquelles elles sont élevées : de l’Ile-de-France vers les autres provinces et vers d’autres pays d’Europe occidentale. On les reconnaît d’autant mieux que, du XIIIe au XIVe siècle, sous l’influence du pouvoir royal en cours de centralisation, les caractéristiques régionales s’amoindrissent, le style s’épure pour se rapprocher d’un modèle idéal.

À force de perfectionnements, les métiers du bâtiment évoluent et se spécialisent : architectes, tailleurs de pierre, manœuvres, maçons, verriers… Sur la pierre ou sur le verre, comme sur certains plans, on trouve parfois leur nom ou leur marque. Tandis que la construction d’églises romanes était souvent due à un chantier collectif anonyme, le gothique est affaire de "spécialistes", instruits, renommés, qui commencent à se déplacer d’un chantier à l’autre. Ils utilisent des outils plus élaborés, et des techniques nouvelles (grues avec leurs poulies, échafaudages mobiles…). Ils travaillent avec des plans, des modèles réduits parfois, mobilisant toutes les connaissances nouvelles des mathématiques.

Hymnes à la gloire de Dieu, les églises gothiques sont aussi une affirmation des capacités humaines. L’orgueil de construire toujours plus haut rencontre tout de même des limites : à Beauvais, par exemple, la cathédrale qui s’est effondrée est reconstruite mais inachevée par rapport aux plans initiaux.


Un art urbain et royal
Les différences entre roman et gothique sont sans doute dues aux techniques de construction, mais est-ce là l’essentiel ?

Les églises romanes répondent à une piété rurale chrétienne et parfois d’inspiration plus ancienne. Les églises gothiques, largement financées par les bourgeoisies urbaines qui bénéficient de la grande prospérité de la "révolution industrielle féodale" aux XIIe et XIIIe siècles, répondent davantage à une foi audacieuse, conquérante et raisonnée, voire calculée : ne coïncident-elles pas avec ce qu’on a appelé "l’invention du purgatoire", sorte de troisième voie que les théologiens du XIIIe siècle intercalent entre le paradis et l’enfer ? De plus, elles incluent des normes issues du pouvoir royal qui commence à centraliser ses directives.

Au centre des villes, rarement dans les villages, les églises gothiques expriment simultanément la foi de communautés chrétiennes qui s’affirment hautement, l’influence de catégories sociales urbaines qui souhaitent s’imposer dans le religieux comme dans l’économique et la symbolique d’un État royal qui se consolide.
C’est sans doute de ces influences combinées que surgissent ces églises gothiques qui rendent visibles au loin les villes qu’en même temps elles surplombent : signe de domination de la ville sur les campagnes environnantes en même temps que sur les populations urbaines. Tandis que les églises romanes sont généralement à taille humaine, à côté d'une église gothique, "on se sent tout petit".

Hauteur, verticalité, géométrie, luminosité, centralité, raffinement caractérisent l’art gothique à son apogée : sculptures déliées et apaisées, dentelles de pierre à tous les niveaux d’un bâti désormais libéré d’une large part de la pression de voûtes pourtant soulevées à des hauteurs jusque-là inconnues. Jeux des lumières polychromes issues des vitraux, concentrées sur le chœur (centre de la liturgie chrétienne), polyphonie qui peut s’épanouir, grâce à un esprit nouveau, dans des volumes extraordinaires qui en amplifient les résonances, tout comme les orgues, installés à partir du XIIe siècle.
Au XVe siècle, le gothique flamboyant, qui marie les ondulations du décor en pierre avec la géométrie de l’architecture, déploie dans les églises un raffinement qui le rapproche de la luxuriance profane de la même époque.


L’architecture romane et gothique caractérise l’Europe médiévale de l’Ouest ; elle fait contraste avec les églises chrétiennes orthodoxes d’Europe orientale (le christianisme "orthodoxe" s’est séparé du christianisme romain au XIe siècle) et avec les mosquées musulmanes des franges sud de l’Europe, du Maghreb ou du Moyen-Orient. A partir des XVe et XVIe siècles, elles commencent à être supplantées par l’architecture civile "résidentielle" de style Renaissance pour des palais, manoirs, hôtels particuliers...


Chronologie
740 : Naissance de Charlemagne.
XIe siècle : Naissance de l’art roman.
1045 : Invention des caractères d’imprimerie en Chine.
1064 : Début de la construction de l’église Saint-Étienne de Caen.
1065 : Guillaume, duc de Normandie, conquiert l’Angleterre. Il bat le roi Harold et les Saxons à la bataille d’Hastings en Angleterre.
1099 : La première croisade aboutit à la prise de Jérusalem. Les chevaliers chrétiens fondent des États latins en Orient (Syrie, Lybie, alestine et Israël actuels).
1140 : Apparition du style gothique en Ile-de-France à l’occasion de deux grands chantiers : l’abbatiale de Saint-Denis et la cathédrale de Sens.
1163 : Début des travaux de Notre-Dame-de-Paris.
1180 : Achèvement de la nef de Notre-Dame-de-Paris.
1275 : Marco Polo arrive en Chine.
1337 : Début de la guerre de 100 ans entre la France et l’Angleterre.
1431 : Jeanne d’Arc est brûlée à Rouen par les Anglais.
1445 : Gutenberg imprime sa première Bible.
1492 : Christophe Colomb aborde aux Antilles.

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740 : Naissance de Charlemagne
Charlemagne - Consulté le 13-10-2003
http://www.geocities.com/Paris/Louvre/4177/Charlemagne/Charlemagne.html
http://perso.wanadoo.fr/herodote/histoire12041.htm

XIe siècle : Naissance de l’art roman
L’Art roman. Consulté le 13-10-2003
http://www.art-roman.net/

1045 : Invention des caractères d’imprimerie en Chine.
Les caractères d’imprimerie en Chine. Consulté le 13-10-2003
http://www.gio.gov.tw/info/nation/fr/culture/28.html

1064 : Début de la construction de l’église Saint-Étienne de Caen, partie de l’Abbaye aux Hommes
L’Abbaye aux Hommes de Caen. Consulté le 13-10-2003
Vue extérieure et intérieure (liens dans sommaire à gauche)
http://architecture.relig.free.fr/caen_abbayes.htm

1065 : Guillaume, duc de Normandie, conquiert l’Angleterre.
Il bat le roi Harold et les Saxons à la bataille d’Hastings en Angleterre Guillaume, duc de Normandie, dit le Conquérant. Consulté le 13-10-2003
Sa vie
http://www.normandieweb.org/histoire/perso/guillaumeLeConquerant.html
http://www.cg14.fr/culture/histoire/guillaume/batisseur/index.html

La bataille d’Hastings. Consulté le 13-10-2003
http://www.norman-world.com/france/histoires/4/histoireNorm4_4.htm
http://fr.encyclopedia.yahoo.com/articles/ni/ni_305_p0.html

1099 : La première croisade aboutit à la prise de Jérusalem.
Les chevaliers chrétiens fondent des États latins en Orient (Syrie, Lybie, Palestine et Israël actuels).
La première croisade et la prise de Jérusalem. Consulté le 13-10-2003.
http://www.callisto.si.usherb.ca/~croisade/Croisade1.htm
http://membres.lycos.fr/coll3/croisade.html
http://www.eleves.ens.fr/home/robin/histoire/medievale/croisades/12partie.html#vague
http://www.florimont.ch/eleves/0001/5_2/jerome/croisade_texte.htm

1140 : Apparition du style gothique en Ile-de-France à l’occasion de deux grands chantiers :
l’abbatiale de Saint-Denis et la cathédrale de Sens.
Naissance de l’art gothique à Saint-Denis. Consulté le 13-10-2003.
http://perso.wanadoo.fr/herodote/histoire06110.htm

La cathédrale de Sens : Saint-Etienne. Consulté le 13-10-2003.
http://www.culture.fr/culture/inventai/itiinv/cathedrale/docimage/sens/cat_sens.html

Détail : voûte nervurée. Consulté le 13-10-2003.
http://pro.wanadoo.fr/quatuor/art_gothique_classique_0400.htm

1163 : Début des travaux de Notre-Dame-de-Paris.
Notre Dame de Paris, détails architecturaux. Consulté le 13-10-2003.
http://ndparis.free.fr/

1180 : Achèvement de la nef de Notre-Dame-de-Paris.
Détails, l’intérieur, dont la nef. Consulté le 13-10-2003.
http://ndparis.free.fr/notredamedeparis/menus/paris_notredame_inside.html

1275 : Marco Polo arrive en Chine.
Marco Polo – sa vie. Consulté le 13-10-2003.
http://hebergement.ac-poitiers.fr/c-m-parthenay/site_eleves/marcopol.htm
http://www.chez.com/cerfv/Marco%20polo.htm
http://perso.wanadoo.fr/herodote/histoire01081.htm

1337 : Début de la guerre de 100 ans entre la France et l’Angleterre.
La guerre de 100 ans entre la France et l’Angleterre. Consulté le 13-10-2003.
http://perso.wanadoo.fr/herodote/histoire10071.htm

1431 : Jeanne d’Arc est brûlée à Rouen par les Anglais.
Jeanne d’Arc est brûlée vive à Rouen. Consulté le 13-10-2003.
http://perso.wanadoo.fr/herodote/histoire05301.htm

1445 : Gutenberg imprime sa première Bible.
Imprimerie au XVI°, la presse Gutenberg. Consulté le 13-10-2003
http://perso.wanadoo.fr/cascade.sarl/rabelais/pages/imprimerie.html

1492 : Christophe Colomb aborde aux Antilles.
Christophe Colomb atteint l’Amérique en 1492. Consulté le 13-10-2003
http://perso.wanadoo.fr/herodote/histoire101201.htm